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Oser se demander quelle place la mort occupe dans nos vies

Janvier arrive avec son lot de bilans, de souhaits et de promesses. On se souhaite la santé, le bonheur, la paix. On regarde devant, on parle de renouveau, de projets, d’élan. Et pourtant, dans ce mouvement vers l’avenir, une question demeure rarement posée : quelle place la mort occupe-t-elle dans nos vies ?

Non pas pour s’y attarder avec lourdeur. Non pas pour assombrir l’espoir qui accompagne le début d’une nouvelle année. Mais pour reconnaître, simplement et honnêtement, qu’elle fait partie de nos trajectoires humaines.

Pour plusieurs, la fragilité de la vie s’est présentée pendant l’année qui se termine. De près ou de loin. Un décès, une maladie grave, parfois même une confrontation soudaine à notre propre finitude. Pour d’autres, elle a été tenue à distance, évitée, mise sous silence. Mais absente? Rarement.

Dans notre société, la mort est souvent perçue comme un échec, un sujet à éviter, quelque chose qui dérange. On la repousse, on la tait, on espère qu’en n’en parlant pas, elle perdra de son pouvoir. Pourtant, l’absence de mots n’apaise pas nécessairement. Elle peut même isoler davantage celles et ceux qui y sont confrontés.

Oser se demander quelle place la mort occupe dans nos vies, ce n’est pas être morbide.
C’est reconnaître une réalité universelle. C’est aussi se donner la possibilité de mieux accompagner, de mieux écouter, de mieux comprendre.

Quelle place voulons-nous lui donner cette année?
Une place de peur ou une place de sens?
Une place solitaire ou une place partagée?
Une place silencieuse ou une place où l’on peut enfin déposer des mots, des émotions, des questions?

Faire une place à la mort ne signifie pas renoncer à la vie. Bien au contraire. Pour plusieurs, c’est en acceptant sa présence que la vie prend davantage de relief, de profondeur et de valeur. C’est souvent là que naissent des gestes plus vrais, des relations plus sincères, une attention accrue à ce qui compte réellement.

En ce début d’année, peut-être pouvons-nous collectivement nous permettre cette réflexion. Ouvrir l’espace. Accueillir la complexité. Reconnaître que parler de la mort, c’est aussi parler de la vie, de l’amour, des liens qui nous unissent.

Janvier n’est pas seulement un mois de résolutions. Il peut aussi être un temps de conscience. En ce début d’année, sommes-nous prêts, individuellement et collectivement, à faire une place à la mort pour mieux accompagner la vie?

Josée Masson, fondatrice et directrice générale à Deuil-Jeunesse