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L’abandon de ma mère biologique.

Voici mon histoire. Merci à ceux et celles qui prendront le temps de me lire. 

Mon père et ma mère biologique ont vécu leur histoire d’amour très jeunes. À un certain moment, mon père a tenté de quitter ma mère. C’est alors qu’elle lui a appris qu’elle était enceinte. Mon père a donc décidé de rester avec elle, pour essayer de garder notre famille unie. Quand je suis né, ma mère n’avait que 16 ans et mon père, lui, 19 ans. 

Lorsque j’avais un an et demi, mon père quitta officiellement ma mère et c’est avec elle que je me suis retrouvée ; c’était la norme à l’époque. Toutefois, je voyais mon père tous les weekend

Ma mère avait de la difficulté à subvenir à mes besoins, en raison de son jeune âge et son manque d’intérêt pour moi…

Et puis, un jour : « Viens le chercher, j’en veux pu. » C’est ce que ma mère biologique venait de dire à mon père, au téléphone. Je n’avais que deux ans.

Pendant mon enfance, à ma demande, j’ai vu ma mère biologique à quelques reprises. Je l’appelais à sa fête et à Noël, mais les visites chez ma mère étaient très rares. De son côté, elle ne m’a jamais appelé, et n’a jamais demandé à me voir. Pourtant, je l’espérais tant ! (Encore aujourd’hui, ça me trouble…)

Aujourd’hui, j’ai 40 ans. Dans les derniers 25 ans, j’ai revu ma mère biologique que trois fois ; la dernière fois, j’avais 25 ans. Nous sommes des inconnus l’un pour l’autre. 

Mon histoire avec ma mère biologique est remplie de tristesse, d’incompréhension, de frustration, de déni … Mon vécu a certainement teinté, inconsciemment, plusieurs de mes relations humaines. 

Longtemps, dans ma vie d’adolescent et de jeune adulte, je cultivais du ressentiment, de la frustration et du jugement. Depuis quelques années, je suis davantage dans la compréhension et l’acceptation. Si j’avais eu un enfant à 16 ans moi aussi, peut-être que j’aurais eu de la difficulté à bien gérer les responsabilités qui sont celles d’être parent.

Dernièrement, j’ai commencé à consulter pour mieux gérer les dommages collatéraux qui découlent de mon histoire. Je veux apprivoiser, entre autres, mon impulsivité et mon intensité. En consultant, j’ai pris conscience que l’abandon de ma mère biologique a engendré un choc post-traumatique. 

La joie d’une seconde chance 

Dépassé par son rôle de père monoparental, mon père voulait que j’aie un modèle maternel dans ma vie. Mon père a donc demandé de l’aide à l’organisme Grands Frères Grandes Sœurs du Grand Montréal.

En gros, s’il te manque une mère ou un père, l’organisme te jumèle à une grande sœur ou un grand frère avec qui tu passes du temps, afin de combler le vide laissé par le parent absent.

À neuf ans, j’ai rencontré Jocelyne, 47 ans, sans enfant, et qui avait subi deux fausses couches. Ma rencontre avec elle fût un coup de foudre (malgré ma gêne). J’avais tant besoin d’amour maternel et elle en avait tant à donner. Le mixte parfait ! 

Au fil des années, nous avons développé une relation de confiance, d’amitié et d’amour.

Habituellement, les jumelages arrêtent lorsque l’enfant atteint 18 ans. Mais moi, à 18 ans, ça faisait neuf ans que Jocelyne était dans ma vie. On ne voulait pas se dire Adieu ! On a donc décidé de continuer notre relation, qui s’est approfondie. 

Aujourd’hui, 31 ans plus tard, c’est le cœur rempli de gratitude que je dis (et que je sens) : Jocelyne est ma mère, ma mère adoptive. C’est un sentiment partagé de son côté ; je suis son fils. Elle est aussi devenue la mamie de mon fils.

 

Peut-on parler de pardon lorsqu’un parent abandonne son enfant? 

Pour ma part, je ne pense pas. Les blessures sont trop profondes. Par respect pour mon père et moi, je ne porte plus légalement le nom de famille de ma mère. 

J’étais autrefois Danny Paquin Draper.  Je suis maintenant Danny Draper. 

Savoir que ma mère biologique ne connaît pas l’homme heureux, sensible et drôle que je suis me rend triste pour elle, toutefois… M’abandonner est peut-être le plus beau cadeau qu’elle m’a fait, ça m’a permis de rencontrer Jocelyne !

 

Merci à mon père d’avoir fait la démarche avec les les Grands Frères Grandes Sœurs du Grand Montréal. 

Merci à Jocelyne de m’avoir ouvert son cœur. 

Merci à ma tante et à ma grand-mère d’avoir été elles aussi des figures maternelles pour moi. 

Merci à ma blonde et à mon fils de prendre soin de mon cœur, heureux, mais un peu meurtri. 

 

Merci à vous d’avoir lu mon histoire.

 

– Danny Draper @unbrindefolie_

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