La St-Valentin après toi
Février arrive avec ses décorations rouges, ses cœurs en papier roses et ses photos de fiançailles sur Facebook. Pour certains, c’est doux. Pour d’autres, c’est un mois qui serre la gorge.
On parle souvent de « la première Saint-Valentin sans lui… sans elle ». Comme si la première année était forcément la plus difficile. Mais sur le terrain, auprès des gens que j’accompagne depuis trente ans, j’ai appris quelque chose d’autre.
Parfois, ce n’est pas la première qui fait le plus mal. Parfois, c’est la 3e. La 8e. La 17e.
Quand la vie a repris son rythme. Quand l’entourage pense que « ça devrait aller mieux ».
Quand plus personne ne nous en parle…
Et pourtant… l’absence est toujours là. Parce que l’amour, lui, n’est jamais parti.
On ne souffre pas parce qu’on a mal guéri. On souffre parce qu’on a profondément aimé. Et cet amour ne disparaît pas avec la mort.
Il change de forme.
Il devient souvenir. Il devient photos qu’on garde dans le téléphone. Il devient une recette qu’on continue de cuisiner. Une chanson qu’on évite… ou qu’on écoute en boucle. Un prénom qu’on murmure encore.
Je connais une dame qui voyage à toutes les St-Valentin depuis 23 ans, nombre d’années du décès de son conjoint. Elle voyage en pensant à lui, à ce qu’il aimerait, dirait. Elle est seule à la rencontre de son histoire. Parfois triste, parfois joyeuse. Et ne vous méprenez pas, elle a une vie sociale bien garnie et continue à aimer…
Mais elle ne cherche pas à couper le lien. Elle le déplace, le transforme.
Parfois, on complique les choses. Comme si, pour aller mieux, il fallait oublier. Alors que le deuil, au fond, c’est peut-être simplement ça : apprendre à aimer autrement.
En février, au lieu de fuir la Saint-Valentin ou de faire semblant que ça ne nous touche pas, peut-être pourrions-nous poser un geste différent. Un geste d’amour. Allumer une chandelle. Écrire une lettre. Sortir les photos. Nommer la personne. Ou même… partager publiquement cette histoire d’amour qui continue de vivre en vous. Parce que nos amours envolées par la mort font encore partie de nous.
Et si, cette année, on osait le montrer?
Je vous lance une invitation toute simple : si vous en avez envie, faites comme les autres, racontez sur vos réseaux sociaux un souvenir, une photo, une phrase, une petite parcelle de cette relation qui vous habite encore. Pas pour rester dans la tristesse. Mais pour témoigner. Pour dire : « Cette personne a existé. Je l’ai aimée. Je l’aime encore. »
Parce que la mort arrête une vie. Mais elle n’arrête jamais l’amour.
Josée Masson
Fondatrice et directrice générale à Deuil-Jeunesse
